Chloé Fournier, l’appel des femmes idéales

Chloé Fournier a exposé ses dessins et une gravure à Convergences: Art et Féminisme . Nous l’avons rencontrée pour qu’elle nous présente les femmes qui peuplent son univers de création.

Bonjour Chloé, présente-toi en quelques phrases.

Salut ! Je suis Chloé, j’ai 34 ans et je suis mère d’un petit de 5 mois. Je suis dessinatrice, brodeuse, graveuse. C’est ce qui me fait vibrer ! Je travaille sur mes projets perso dès que mes autres activités me le permettent. Parallèlement, Rémy Mattei, Hugo Charpentier et Manuel Lieffroy, membres du collectif et moi-même, avons fondé la maison d’édition Mauvaise Foi qui publie notamment la revue graphique Laurence 666 depuis 2012, d’ailleurs on sort cette semaine notre huitième numéro. Je travaille au sein de l’atelier – galerie Mauvaise Foi, située au 29 rue des Capucins, au bas des pentes de la Croix-Rousse. C’est aussi un vrai plaisir de faire vivre le collectif où il faut être multitâche tout en étant bénévole. D’autre part, j’enseigne le modèle vivant à Bellecour Ecole et je réponds à des commandes de graphisme et d’illustration.

Dans ton travail, on voit souvent des femmes. Quelle est la relation que tu entretiens avec les sujets que tu dessines?

J’aime dessiner les femmes en imaginant ce qu’elles ont dans la tête. Ce par quoi elles sont passées, leurs projets, leurs espoirs. En me racontant des histoires. Histoires que j’essaie de faire transparaitre dans mes dessins. C’est aussi une question de sensibilité je crois. Je m’identifie totalement à ces personnages tout en les admirant parce qu’elles sont autres. Oui, l’admiration, c’est important, comme dans une histoire d’amour. Je pense que je dois être à la recherche de la femme idéale, ou plutôt des femmes idéales, et j’ai de l’affection pour elles. Mais elles ne sont pas singulières, elles sont multiples. Ce n’est pas qu’une question de genre mais aussi de lien, de concordance. J’ai besoin de me sentir proche des sujets que je dessine. Par l’intermédiaire de ces figures je tente de faire passer les émotions, voire les idées qui me traversent.

Est-ce que tu es féministe et si c’est le cas, comment tu en es venue à te définir féministe. Une expérience personnelle à raconter?

On ne peut pas passer à côté de tous ces questionnements. Les inégalités, les rapports hommes/femmes, la place des uns et des autres. Je ne connais pas assez bien le sujet pour m’étendre là-dessus. Bien sûr, j’ai ce désir que les hommes et les femmes soient égaux en droits mais je ne vais pas prétendre que je suis impliquée dans un combat. Selon moi, en tant que femme on est forcément impliquée et concernée par tout un tas de problématiques du quotidien. Je vois plutôt ça comme un travail de fourmi, jour après jour, essayer par nos comportements à tous de faire évoluer les choses. Ce n’est même pas au niveau des mentalités, puisqu’elles ont déjà changé, en tous cas dans la sphère que je fréquente. Mais dans la façon dont on éduquera nos enfants, en étant vigilants, en s’interrogeant sur les réflexes que l’on pourrait avoir et nos propres contradictions. Mon implication se traduit comme une recherche continuelle  sur soi-même en premier lieu, pour pouvoir atteindre l’autre, ensuite.

Quelles sont les femmes qui t’inspirent?

J’aime les représentations féminines idéalisées. Les déesses, les figures féminines de la mythologie grecque, les madones. Des femmes immatérielles, absolues, sacrées. Mais ce qui m’intéresse c’est de tenter de créer des parallèles, des ponts avec les femmes qui m’entourent, celles que je croise, que j’entends, que je vois. Celles qui vivent, qui existent. J’ai aussi trouvé l’inspiration dans les vieux albums photos de famille. En découvrant les photos de jeunesse de mes grands-mères et ancêtres je suis tombée sur un monde qui mêle à la fois le réel et le fantasme. Ces femmes et ces hommes ont incontestablement existé, ont vécu mais le rapport à la temporalité apporte quelque chose d’inaccessible, comme un mystère qui montre un univers imaginaire et inconnu.

As-tu des projets artistiques liés au féminisme sur lesquels tu veux te concentrer à l’avenir?

J’aimerais bien réfléchir à un travail autour de la maternité, la grossesse, qu’est-ce que devenir mère. Intérieurement et en resonnance avec le cercle de la société, de la famille. Mettre au monde un enfant. Cet acte d’une banalité déconcertante qui balaie tout pour celles et ceux qui le vivent. Mais je vais déjà vivre ma propre expérience avant de la poser sur le papier…

Suivre Chloé:
 http://chloefournier-illustration.blogspot.com/
Insta: @chloefournier_illustration

Lire aussi: Pour décortiquer les tabous, pour lutter, pour changer les jeux: « savoir c’est déjà un peu mieux pouvoir ». Entretien avec La Fille Renne.

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